Saint-Enogat-Balade n°4

Rue de l'Église Dinard Ille-et-Vilaine

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SAINT-ENOGAT    

 

            Quittant le quartier de la Malouine et son parc seigneurial et ses villas princières  présentant le confort le plus raffiné on se trouve brusquement en face de l'âpre beauté des sites semblant éloignés de toute civilisation.

            Du Port Riou, résidence d'été de Monsieur Ferdinand de Rodays du Figaro, au Décollé ou Jean Richepin revenait fidèlement chaque année adorer la mer, en longeant le Pré aux Oiseaux,où deux grands lions de granit gardaient la maison de Judith Gautier et Le Port Blanc élue par Émile Bergerat, c'était autrefois la nature vous transportant dans un autre âge.l

 

        Après son voyage manqué à Guernesey où il devait retrouver l’auteur des »Misérables » Albert Lacroix, l’éditeur de Victor Hugo descend dans la station balnéaire de Dinard-Saint-Enogat durant l’été 1875. 

        Attiré par le site des grèves du bourg, Lacroix décide d’acheter du terrain.  Le 23 septembre 1875, il fait l'acquisition d' une parcelle de terre appelée « Les Grandes Mielles » où il fera édifier l’année suivante dix maisons qui prendront bientôt le nom de « Villas de la Mer » encadrant un grand édifice, appelé « Le Grand Hôtel de la Mer ».

        

        C’est là, à Saint-Enogat nous dit-il, « que vint me surprendre, tout à coup la nouvelle imprévue de la mort de George Sand. Je me souviens encore de ce jour-là », écrit-il dans ses mémoires, comme si c’était hier même. Les journaux publiés la veille au soir à Paris n’arrivaient à Saint-Malo que le matin et étaient distribués assez tard dans la matinée à Dinard - Saint-Enogat où je résidais.    

    Quant à Judith Gautier, la fille de Théophile Gautier, elle vint donc pour la première fois à Saint-Enogat fin 1877 débuts 1878 

        Albert Lacroix avait mis pour l’été qui venait, à sa disposition, une de ces petites maisons annexes de l’Hôtel de la Mer, celle qui précisément s’appelait « La Maisonnette » ceci, à titre de dédommagement, pour une nouvelle prête à paraître, dont il avait perdu le manuscrit. Judith accepta l’offre d’Albert Lacroix et avec Lecomte de Lisle, se rendit dans ce pays qui fut pour elle, une révélation. À ce moment-là, existait déjà un petit noyau d’intellectuels et d’artistes que plus tard Judith Gautier et Albert Lacroix firent venir aux Villas de la Mer.